Au diable les Soft Skills ! 1ère partie

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Pourquoi en qualité de recruteur, en dehors des compétences techniques, des formations et de l’expérience, dois-je en plus flairer, identifier, repérer et valider ces fameuses soft skills ?  Autrement dit les talents relationnels et personnels de mes candidats.

Pourquoi bien souvent, ces soft skills font-elles la différence ?

  • Soft skills, de quoi parle-t-on ?
  • Comment les identifier ?
  • Comment les cultiver ?
  • Pour quels impacts ?
  • Etudes de cas et témoignages…

Grrrr, ces questions me titillent … Recrutement après recrutement, j’aiguise mes sens, affute mon questionnement et capitalise mes analyses ! Au travers d’interviews et d’illustrations concrètes, je vous invite à creuser, à « benchmarker » et à vous en inspirer pour ne plus jamais passer à côté de ces compétences « douces », pépites de nos organisations !

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Afin de définir exactement ce que sont les soft skills, Fabrice Mauléon (1) expert et auteur en la matière nous éclaire  :

Ce sont des caractéristiques personnelles qui permettent d’interagir de manière efficace et harmonieuse avec d’autres personnes, ce sont des compétences qui relèvent plus de la personnalité, et qui dépendent (si vous voulez faire un parallèle)  plus du cerveau droit que du cerveau gauche (cerveau gauche plus analytique et cerveau droit plus intuitif).  Les soft skills sont les compétences que l’on mobilise le plus dans nos organisations. Nos collaborateurs consacrent de plus en plus de temps à instaurer de l’harmonie et de l’efficacité au sein de nos équipes.

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Selon toi, aujourd’hui ces compétences sont beaucoup plus sollicitées qu’avant ?

Oui c’est vrai, c’est une raison pour laquelle on voit émerger ce concept qui nous vient du monde anglo-saxon. Mobiliser ces nouvelles compétences s’impose face à l’évolution du monde du travail. La temporalité s’accélère, les lieux de travail se diversifient, les équipes et les modalités de travail changent et deviennent de plus en plus complexes…

Les soft skills ne sont donc plus l’apanage des seuls managers ?

Exactement ; la vraie révolution est là. C’est bien d’avoir des dirigeants créatifs et gérant bien le stress, mais c’est encore mieux quand cela concerne l’ensemble des collaborateurs. Je prends pour référence ce fameux ouvrage de Daniele Pink : « l’homme aux deux cerveaux » (2). Cet auteur affirme que l’avenir sera cette complémentarité entre ces facultés analytiques et intuitives – dit autrement les soft skills. Il y a également cet autre livre « Êtes vous assez intelligent pour travailler chez Google? » (3) qui dit aussi à peu près la même chose.

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Google est effectivement un exemple intéressant avec son « projet 20% » qui permet, par exemple, aux ingénieurs de consacrer une journée par semaine au projet de leur choix. De ce temps libre sont nés Google News, Google Maps ou encore Google Voice… !

Il y a aussi un best seller de la stratégie de l’innovation : « Le gêne de l’innovateur » (4), qui démontre que ce qui était réservé à des Steeve Jobs ou à des Jeff Besos (6) est aussi nécessaire et porteur de succès chez les collaborateurs en général, et notamment dans les entreprises qui survivront à la crise. Le monde n’est pas séparé en deux catégories, avec d’un côté « les Steeve Jobs et les grands innovateurs », et de l’autre côté « le commun des mortels ». Toutes les entreprises recherchent aujourd’hui des personnes qui sont innovantes et créatives. Peu importe le cadre d’emploi, on attend de nos collaborateurs des capacités à trouver de nouvelles idées, à entrainer leurs équipes ou collègues. 

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Sommes-nous dans le domaine de l’inné ou de l’acquis ? 

La deuxième révolution, tu la pointes exactement sur cet aspect : cela serait plutôt du domaine de l’acquis que de l’inné. On peut imaginer qu’en fonction de son milieu social, éducatif… on est plutôt prédisposé à relier des points, à avoir une pensée créative, des moyens d’observation, de questionnement, mais pour autant, il est possible d’identifier et de « challenger » ses soft skills. C’est un enjeu important pour les organisations : arriver à former, à mobiliser ses collaborateurs à toutes ces nouvelles compétences essentielles.

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Cela dépasse le champ de l’organisation, c’est notre propre performance et donc notre employabilité qui sont en jeu !

Clairement tu poses bien le débat encore une fois ! L’idée est que derrière l’acquisition de ces soft skills, il y a une promesse de pouvoir mieux maitriser les hard skills, donc de développer ses compétences au sens large, donc son employabilité ou encore sa résilience face aux turbulences du marché de l’emploi. 

Est ce qu’il existe une typologie, une liste ou encore une nomenclature des soft skills ? 

Mauvaise nouvelle, il n’y a pas de liste établie !

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C’est le travail que l’on a commencé à faire dans l’ouvrage que l’on a publié sur le « réflexe soft skills » (5) en proposant un modèle sur lequel s’appuyer :

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Merci Fabrice !
Afin d’illustrer votre modèle je n’ai pas pu résister à l’envie de questionner vos deux co-auteurs : Jérôme Hoarau et Julien Bouret 

 

 

Voilà « 1ère partie Soft skills » = traitée !

J’espère que cela vous a plu ? Je vous donne rendez-vous prochainement pour de nouveaux témoignages et illustrations  :

  • En emploi ou à la recherche d’un job : les Soft Skills font la différence ! Yes !!!
  • Comment, en situation de recrutement identifier les soft skills ?
  • Les soft skills, sésame des managers et collaborateurs performants !

Caroline Guichet

  1. Fabrice Mauléon : Directeur du Learning Hub, la cellule innovation dédiée à la « NewSchool » de FBS, Fabrice MAULEON est aussi Professeur (PhD) spécialisé sur des questions très variées comme le développement durable, le droit, la communication, l’innovation et le design thinking. Ces thèmes le conduisent à intervenir dans des universités/écoles en France, en Chine, au Canada et pour différentes entreprises. Passionné par les questions d’innovation et de créativité, Fabrice a publié différents ouvrages – le dernier en date : le Reflexe Soft Skills, Chez Dunod en 2014 – et des articles sur ces thèmes.
  2. L’homme aux deux cerveaux » par Daniel Pink
  3. « Etes-vous assez intelligent pour travailler chez Google ? » par Williams Poundstone
  4.  « Le gène de l’innovateur : cinq compétences qui font la différence » par Clayton Christensen
  5. « Le réflexe Soft Skills – Les compétences des leaders de demain » par Fabrice Mauléon – Julien Bouret et Jérôme Hoarau

 

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Caroline Guichet

Recruitment, Sourcing, Head Hunting, HR Community Management chez Emergences RH
Consultante en recrutement, Caroline est spécialisée dans le sourcing et l’approche directe de middle à top manager au sein du cabinet de recrutement Emergences RH. Pour poursuivre l'échange par mail, contactez Caroline à cette adresse : caroline @ guichets-rh.com

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19 Commentaires

  1. Sophie Coves
    8 avril 2014, 15 03 53 04534

    Très intéressant et pédagogique (je découvre la terminologie « soft skills »!)

    • 8 avril 2014, 15 03 56 04564

      Merci Sophie !
      Caroline

    • 11 avril 2014, 22 10 51 04514

      Bonjour Sophie,
      Je suis ravi de lire votre retour.
      Merci à Caroline pour ce bel article et pour le montage vidéo.

  2. 8 avril 2014, 17 05 23 04234

    Merci pour votre approche documentée. J’y ajouterai une dimension d’humour qui aurait pu me faire nommer mon billet « la comédie de l’entreprise » que j’avais plus sagement appelé « savoir être pour savoir faire » http://leblogrh.recruteurs.apec.fr/savoir-etre-pour-savoir-faire/

    • 9 avril 2014, 10 10 30 04304

      Bonjour Monsieur Marzin,
      Je vous remercie pour la référence à votre billet.
      J’ajouterai qu’en ce qui me concerne, que certes parfois il faut forcer le trait pour le rendre automatique et à terme un réflexe, mais je préfère l’idée d’un travail plus introspectif sur la durée ayant un réel impact sur l’évolution de ma posture au sens large et permanent.
      Au plaisir d’échanger à nouveau avec vous, et bravo pour vos écrits sur le blog apec !
      Caroline

  3. RAYA
    10 avril 2014, 17 05 59 04594

    Merci Caroline pour le blog. Je voudrais vous faire une question. Comment vous reconnaissez tout ces soft skills pour les jeunes diplômés qui n’ont jamais eu un job? Je sais qu’il y a des compétences que l’on peut remarquer dans un entretien, mais pour exemple la synergie ou le travaille en équipe, c’est impossible de savoir dans un entretien personnel.

    • 10 avril 2014, 19 07 32 04324

      Ana,
      Merci de me permettre d’apporter un éclairage important qui justement explique l’intérêt des Soft Skills :
      Elles ne s’arrêtent pas et ne se développent pas uniquement dans la sphère professionnelle !
      Un étudiant, une femme qui n’a jamais travaillé (ou un homme d’ailleurs) peuvent avoir développé des habilités d’organisation, un talent relationnel ou encore de la créativité… Pôle emploi met en avant ces qualités via leur méthode de recrutement par simulation (MRS)… Méthode très intéressante pour recruter autrement… Je vous en parlerai un jour sur ce blog, c’est promis !
      Caroline
      Au plisir de vous lire à nouveau !
      caroline

    • 11 avril 2014, 22 10 57 04574

      Bonsoir Raya,
      Je me joins à Caroline pour les soft skills présentes dans vos activités scolaires et extra-scolaires.
      Pendant vos études ou vos loisirs, vous avez surement eu des initiatives recourant à des soft skills comme la persévérance, l’esprit d’analyse ou la créativité par exemple. N’hésitez pas à lier vos expériences non-professionnelles à des soft skills utilisées (et donc développées) pour les mettre en avant en entretien ou sur votre CV.
      Voici un exemple de CV mettant en avant des soft skills en harmonie avec des expériences professionnelles, scolaires et extra-scolaires : http://www.pourquoi-entreprendre.fr/cv-visuel-design-emploi/

      Bonne soirée à vous.

  4. Guillaume Collin
    10 avril 2014, 18 06 28 04284

    Je découvre également le principe des « soft skills » que je trouve fascinant. Il est indéniable que ces compétences représentent des points essentiels à développer dans certaines branches de métiers (à l’évidence, les métiers avec du travail en équipe, de la communication, du marketing… Bref : du relationnel).

    • 10 avril 2014, 19 07 26 04264

      Oui Guillaume mais j’irai même plus loin : pour tous les métiers elles sont nécessaires ! « … Regarder au loin, Faire preuve d’empathie, Entreprendre … ». Soyons fous : Pour la vie en général !
      Au plaisir de vous lire à nouveau et bienvenu sur ce blog dédié à la gestion des talents..
      Caroline

    • 11 avril 2014, 22 10 58 04584

      Bonsoir Guillaume,

      Ce qui est passionnant avec les soft skills également, c’est qu’elles permettent de valoriser et de mettre en avant vos expériences et vos hard skills (les compétences plus techniques, ou du moins tangibles).

  5. Frédéric Sauvé
    10 avril 2014, 19 07 23 04234

    Bonjour, je pense que dépendament du type d’entrevue, je pense que nous pouvons les remarquer. Les entrevues de groupes (petit) permettent de voir certaines habiletés relationnelles qu’ils seraient plus difficilement remarquables en entrevue individuelle.
    Aussi, je travaille sur le processus de retour au travail et je remarque que dans la littérature et un élément important à prendre en compte est les habiletés relationnelles du gestionnaires. Comme les troubles de santé mentale sont et seront encore en augmentation dans les prochaines années, allez cherchez des gestionnaires avec des softs skills peut être gagnant à long terme.

    • 10 avril 2014, 19 07 28 04284

      Merci Frédéric pour votre apport !
      Effectivement le recruteur doit sortir des entrevues ou des formats standards d’entretien pour être en capacité de capter les signaux parfois faibles de la présence de telle ou telle soft skill.

      Au plaisir d’échanger à nouveau avec vous.

      Caroline

  6. Noemie Longin
    15 avril 2014, 19 07 40 04404

    La problématique soulevée dans cet article est très intéressante. Elle pose la question dans le monde du travail actuel de savoir s’il faut poursuivre une exigence d’excellence dans la formation, ce qui entraîne une élévation constante des niveaux d’études, ou bien s’appuyer sur des compétences à définir que peuvent avoir certaines personnes qui n’ont pas eu accès à l’enseignement. On peut donner pour exemple l’accès au diplôme de professeur des écoles. Bon nombre d’étudiants ont raté le concours après avoir fait une licence puis une maîtrise…peut-être auraient-ils pu être d’excellents enseignants si d’autres compétences avaient été évaluées. En d’autres termes, est-ce qu’un bon niveau d’études va signifier une bonne pédagogie auprès des enfants et la faculté de leur faire passer son savoir ?

    • 15 avril 2014, 19 07 58 04584

      Merci Noémie pour votre intervention !
      Vous avez raison les soft skills impliquent de repenser nos modes d’évaluation… Il en va de la justesse de nos recrutements et de l’épanouissement de nos futurs collaborateurs.
      Au plaisir de vous lire à nouveau,
      Caroline

  7. 22 avril 2014, 6 06 10 04104

    Bonjour Caroline,
    Merci pour cet article qui m’a permis de découvrir le terme de soft skills. Je parlais jusque là de savoir-être ce qui est un concept peut-être plus réducteur.
    Soft skills ou savoir être, il s’agit en tous cas de notions essentielles et pourtant si difficiles à apprécier. Vous évoquez la MRS mais celle-ci permet surtout d’évaluer les capacités d’une personne plus que des qualités impalpables comme l’empathie ou la créativité.
    J’attends avec impatience la suite de votre billet, notamment en ce qui concerne l’identification de ces compétences indispensables à notre évolution professionnelle et personnelle.
    J’ai moi-même commencé à m’y intéresser sur mon blog avec un article récent sur la sérendipité, cette faculté à trouver ce qu’on ne cherche pas (http://atoutscompetences.blogspot.fr/2014/03/la-serendipite-une-qualite-developper.html). Mais il y en a bien d’autres.
    A bientôt de vous lire.
    Dominique

    • 22 avril 2014, 8 08 53 04534

      Bonjour et merci Dominique pour cet apport concernant la « sérendipité »… je vais vite découvrir votre billet à ce sujet !
      Bien à vous,
      Caroline

  8. 30 avril 2014, 16 04 38 04384

    Bonjour Caroline et bravo pour cet excellent article!

    Ce qui est intéressant avec ces fameuses « soft skills », c’est quelles font partie intégrante de l’être et qu’elles évoluent tout au long de notre carrière professionnelle…mais aussi personnelle! Cela voudrait donc dire que ce nous faisons en dehors du travail a une influence sur notre activité professionnelle et pourrait permettre à certain de développer d’autres compétences complémentaires et à forte valeur-ajoutée!

    Finalement, le monde de l’entreprise ne serait-il pas amené à être davantage social et sociable? La question reste ouverte :)

    • 30 avril 2014, 16 04 46 04464

      Oui c’est bien cela ! Nous sommes un tout ! Nos activités pro. et perso se nourrissent les unes des autres … Cela implique aussi … que nous, recruteurs, fassions évoluer nos outils et méthodes d’évaluation, justement pour ne pas passer à compter de toutes ces valeurs ajoutées !
      Au plaisir d’échanger à nouveau,
      Caroline

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